Sert-on vraiment plus d’aces en salle ?

Oui, mais deux fois moins que ne le dit le chiffre qui circule. Comparés bruts, les matchs en salle affichent 25 % d’aces de plus qu’en plein air. À surface égale, l’écart tombe à 10 %.

Pourquoi le chiffre brut se trompe

Les tournois en salle se jouent tous sur dur. Le plein air, lui, mélange le dur, la terre battue et le gazon. Or on sert bien moins d’aces sur terre battue que sur dur : comparer les deux ensembles revient donc, pour une bonne part, à comparer du dur à de la terre battue, et à mettre sur le compte du toit ce qui revient au sol.

Le même écart, avant et après correction
ComparaisonEn salle En plein airÉcart
Toutes surfaces 9,53 % 7,64 % +25 %
Sur dur uniquement 9,55 % 8,65 % +10 %

La vérification qui tranche : chaque joueur contre lui-même

Même à surface égale, une comparaison entre groupes reste fragile : les tournois en salle se concentrent en fin de saison et n’attirent pas exactement les mêmes joueurs. La seule mesure qui échappe à cette objection compare chaque joueur à lui-même.

Sur 147 joueurs ayant assez joué sur dur dans les deux conditions, le rapport moyen est de 1,11, et 68 % d’entre eux servent davantage d’aces en salle. L’effet est donc réel, et il vaut environ dix pour cent.

Les joueurs que la salle change le plus

Rapport du taux d’aces en salle à celui en plein air, sur dur
N°Joueur En plein airEn salleRapport
1 Mikhail Kukushkin 2,1 % 5,7 % ×2,69
2 Titouan Droguet 8,2 % 20,5 % ×2,50
3 Damir Dzumhur 1,4 % 3,5 % ×2,42
4 Eliot Spizzirri 6,3 % 13,0 % ×2,07
5 Nishesh Basavareddy 5,5 % 10,0 % ×1,81
6 Otto Virtanen 9,2 % 15,6 % ×1,69
7 Learner Tien 5,4 % 8,3 % ×1,53
8 Soonwoo Kwon 6,6 % 9,7 % ×1,46
9 Denis Shapovalov 9,9 % 14,0 % ×1,42
10 Radu Albot 3,9 % 5,5 % ×1,41
11 Tomas Martin Etcheverry 8,5 % 11,9 % ×1,41
12 Daniel Altmaier 8,5 % 11,8 % ×1,39
13 Thiago Seyboth Wild 8,3 % 11,5 % ×1,39
14 Arthur Fils 8,0 % 11,0 % ×1,37
15 John Isner 22,8 % 30,8 % ×1,35
16 Pedro Martinez 3,0 % 4,1 % ×1,35
17 Yoshihito Nishioka 2,9 % 3,9 % ×1,35
18 Luca Nardi 4,2 % 5,5 % ×1,32
19 Jordan Thompson 9,6 % 12,7 % ×1,32
20 Adrian Mannarino 6,5 % 8,3 % ×1,29
21 Marcos Giron 6,3 % 8,1 % ×1,29
22 Tallon Griekspoor 10,3 % 13,1 % ×1,28
23 Giovanni Mpetshi Perricard 18,5 % 23,5 % ×1,27
24 Alex Michelsen 6,5 % 8,2 % ×1,27
25 Jack Draper 10,7 % 13,5 % ×1,27
26 Yibing Wu 5,1 % 6,4 % ×1,26
27 Felix Auger-Aliassime 12,4 % 15,6 % ×1,26
28 Dominic Stricker 9,4 % 11,8 % ×1,26
29 Dominik Koepfer 5,6 % 7,0 % ×1,24
30 Laslo Djere 8,5 % 10,6 % ×1,24
31 Benjamin Bonzi 7,2 % 8,9 % ×1,24
32 Michael Mmoh 8,2 % 10,1 % ×1,24
33 Tomas Machac 7,2 % 8,9 % ×1,24
34 Hubert Hurkacz 16,2 % 19,9 % ×1,22
35 Elias Ymer 7,4 % 9,1 % ×1,22
36 Jakub Mensik 14,2 % 17,3 % ×1,22
37 Alexander Shevchenko 6,8 % 8,2 % ×1,22
38 Novak Djokovic 9,2 % 11,1 % ×1,21
39 Thiago Monteiro 9,0 % 10,8 % ×1,21
40 Roman Safiullin 8,5 % 10,3 % ×1,20

Et ceux qu’elle ne change pas

Écart le plus faible entre les deux conditions
N°Joueur En plein airEn salleRapport
1 Bernabe Zapata Miralles 2,7 % 1,0 % ×0,36
2 Jacob Fearnley 8,6 % 4,4 % ×0,51
3 Ilya Ivashka 5,4 % 3,3 % ×0,62
4 Fabio Fognini 5,6 % 3,5 % ×0,64
5 Filip Krajinovic 6,5 % 4,3 % ×0,67
6 Sebastian Ofner 11,3 % 7,8 % ×0,69
7 Pavel Kotov 5,1 % 3,7 % ×0,72
8 Sebastian Baez 2,7 % 2,1 % ×0,77

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne dit pas pourquoi. L’absence de vent et de soleil, une température constante, un éclairage régulier et des balles qui ne s’humidifient pas sont autant d’explications plausibles, et ces données ne permettent de trancher entre aucune d’elles.

Elle ne dit pas non plus qu’un joueur servira plus d’aces à son prochain match en salle : c’est une moyenne sur quatre saisons, pas une prévision.

À voir aussi : ce que la surface fait au service et le service rapporté à la taille, deux facteurs plus puissants encore que celui-ci.

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