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Nous avions annoncé 25 % d’aces en plus en salle. C’est la moitié.

Comparer les matchs en salle aux matchs en plein air donne 25 % d’aces en plus. Nous avons annoncé ce chiffre en interne avant de le vérifier. Il est faux, et l’erreur est plus instructive que le résultat.

Le chiffre qui saute aux yeux

En salle, les joueurs servent 9,45 % d’aces par point de service. En plein air, 7,57 %. Soit 25 % de plus. La conclusion semble s’imposer : sans vent ni soleil, on sert mieux.

Sauf que cette comparaison ne compare pas ce qu’elle croit.

Ce qu’elle compare vraiment

Les tournois en salle se jouent tous sur dur. Le plein air, lui, mélange le dur, la terre battue et le gazon. Or on sert beaucoup moins d’aces sur terre battue que sur dur.

Une bonne moitié de l’écart annoncé ne vient donc pas du toit, mais du sol. À surface égale, sur dur contre dur, il tombe à 10 %.

La vérification qui tranche

Même à surface égale, on peut objecter que les tournois en salle se concentrent en fin de saison et n’attirent pas les mêmes joueurs. La seule mesure qui échappe à cette objection compare chaque joueur à lui-même.

Sur 139 joueurs ayant assez joué sur dur dans les deux conditions, le rapport moyen est de 1,10, et 68 % servent davantage en salle. Le plus transformé, Mikhail Kukushkin, passe de 2,1 % dehors à 5,7 % sous un toit.

L’effet existe donc bel et bien. Il vaut environ dix pour cent, pas vingt-cinq.

Pourquoi nous racontons cette erreur

Parce que c’est la troisième fois en une journée qu’une différence brute se dissout en partie une fois qu’on cherche ce qui sépare vraiment les deux groupes comparés. Les gauchers servaient moins d’aces que les droitiers : c’était leur taille. Le classement Elo par surface devait être meilleur que le général : il est moins bon. La salle devait valoir vingt-cinq pour cent : elle en vaut dix.

Un chiffre brut n’est pas un résultat, c’est une question. C’est tout le travail de ce site, et c’est la raison pour laquelle nous publions nos erreurs plutôt que nos certitudes.

Le détail complet, avec les deux chiffres côte à côte et les joueurs que le toit change le plus.

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